Nicolas Gosset

Le blog de Nicolas Gosset

L’entrée timide de l’édition de livres sur Twitter 23 juin 2009

CC : http://ptaff.ca/blogue/

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Quelques jours après avoir publié un annuaire des journalistes sur Twitter, j’ai discuté avec un ami de l’usage que font les éditeurs de l’outil. Il a proposé d’écrire un article sur le sujet pour mon blog et j’ai accepté. Emmanuel Clerc est étudiant, lecteur pour une maison d’édition parisienne et l’un des membres fondateurs de Contrepoint. Vous pouvez suivre son compte Twitter ou il parle notamment de l’actualité littéraire. Il observe ici que les éditeurs français, contrairement à leurs confrères anglo-saxons, n’ont pas encore assez investi l’espace du site de micro-blogging, bien qu’il serait pour eux d’une grande utilité.

Une entrée timide dans la Twittosphère

Le constat est évident : les maisons d’édition étrangères sont infiniment plus en avance que les éditeurs français. En effet, la société d’édition britannique Penguin Books a atteint 496 “updates” et peut se vanter d’être suivie par plus de 12 000 utilisateurs (sans compter les filiales américaine, indienne ou australienne, elles aussi inscrites). Elle est suivie par son “équivalent” new-yorkais, Random House, présente sur Twitter pour communiquer autour des “books and authors news”. Mais du côté français, l’activité est plus hésitante : la maison Gallimard, à ce jour, a publié 12 messages et est suivie par 195 utilisateurs ; on pourrait attendre mieux du premier éditeur français dont le catalogue résume une très grande partie de la culture française. Ni Grasset, ni Hachette, ni Stock n’ont ouvert de comptes. Toutefois, quelques maisons indépendantes, à l’image du non-parisien Diable Vauvert, ont trouvé en Twitter un moyen de communiquer sur leurs publications.

Il me semble que l’on peut avancer deux arguments pour expliquer ce retard. D’une part, l’édition française est relativement divisée : bien qu’elle soit essentiellement partagée en deux grands groupes (Hachette Livres et Editis), il leur est difficile de bénéficier du rayonnement international des grands éditeurs généralistes cités plus haut. D’autre part, le fonctionnement intérieur d’une maison d’édition française a toujours été couvert par ce qu’il convient d’appeler une chappe de pomb : les comités de lecture, les livres en préparation et les politiques éditoriales à venir appartiennent à une sphère littéraire souvent vue comme secrète, le plus loin possible des observateurs curieux. Ainsi en France on aime dire des bureaux de Saint-Germain-des-Prés qu’ils sont fermés à double-tour. Twitter serait-il alors une menace ?

Ce que les éditeurs trouveraient sur Twitter

Il est vrai qu’un éditeur ne doit pas réagir aveuglément à l’actualité, il doit étudier au contraire les questions contemporaines en lame de fond : “il doit aussi résister à la pression de la mode et des amis” a dit François Nourissier ; “être doué de sérénité, accepter de tenir les seconds rôles”. L’immédiateté que propose Twitter nous amène souvent, c’est vrai, à découvrir et commenter l’événement “à chaud”.

Mais il est difficile de savoir à quoi est due leur méfiance à l’endroit de Twitter (notons qu’ils communiquent presque tous sur le réseau Facebook ce qui, compte-tenu du nombre de commentaires laissés, a l’air de leur être profitable). Pourquoi communiqueraient-ils sur ce site ? Pour la promotion des livres (parus, à paraître, acquisitions de droits), pour l’organisation des événements (dédidaces, lectures) et pour dévoiler – ne serait-ce qu’un peu ! – les collections qu’ils créent et les éditeurs qu’ils recrutent, afin de resserer le lien entre éditeurs et futurs auteurs.

Parle-t-on des livres sur Twitter ?

Si les éditeurs y sont assez absents, à tout moment de la journée, le livre est au centre des discussions. Qui en parle ? Des auteurs lus dans le monde entier, comme Paulo Coelho ou l’écrivain française Tatiana de Rosnay, auteur de best-sellers, qui se décrit dans sa “bio” comme “auteur et geek” et reste ainsi au contact de ses lecteurs. Des lecteurs comme la blogueuse Lauren Elkin. Des journalistes comme Pierre Assouline qui anime le blog, la République des Livres. Des libraires aussi, comme le New-Yorkais Book Culture ou le Harvard Book Store.

Ainsi, au regard de l’accueil qui a été réservé aux maisons d’édition étrangères, on peut imaginer que les maisons françaises seraient elles aussi les bienvenues. Reste un mystère : celui de savoir si ce sont les attachés de presse (dans une logique promotionnelle) ou les éditeurs (comme chercheurs de nouveaux talents, et de sujets) qui se cachent derrière les comptes Twitter.

 

Big Tweet #3 : Paris est une ville de castes ? Rencontre avec un Street Reporter 20 juin 2009

Classé dans : Divers — Nicolas Gosset @ 14:35
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Hier soir, Canal Saint-Martin. par hasard je rencontre Tom, de Street Reporters. Il se souvient de leur récent reportage “Les filles se tapent aussi” qui se déroule devant mon ancien collège.

Rapidement, on discute de Paris, lui pense que c’est une ville de castes, que les gens ne se mélangent pas, qu’il n’y a pas de millitants, ou très peu. Au point de vue culturel, il pense que “toutes les modes meurent à Paris”, et que en conséquence, la ville a en permanence “dix ans de retard”

Sur Street Reporters, j’apprend que le site emploie 5-6 personnes et qu’il y a 80 reporters. L’équipe respecte plus ou moins les droits d’auteurs, et en conséquence, publie une partie de son contenus sur d’autres plateformes (comme Blip.tv), afin d’éviter des problèmes avec la justice