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« Comment Friendfeed va changer Facebook », commentaire de l’article de Read Write Web 18 août 2009

Filed under: social media — Nicolas Gosset @ 13:42
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Revirement chez Read Write Web (RWW). Après avoir écrit deux articles à charge contre Friendfeed (Friendfeed c’est mal fin juillet et Friendfeed is dead, le lendemain du rachat par Facebook), Fabrice Epelboin nous offre une sympathique prospective sur ce que pourrait devenir Facebook, dans les 6-12 mois à venir.

Je vous recommande de lire l’article en entier sur le blog de RWW. Ici sont repris certaines parties, avec mes commentaires.


Les raisons du rachat

Friendfeed a été fondé par – entre autre – Paul Bucheit, l’inventeur de Gmail, et Bret Taylor, le cofondateur des Google Maps. Chacun a déjà gagné suffisamment d’argent pour être à l’abrit du besoin pour le reste de leur vie, et ils n’avaient nullement besoin de vendre Friendfeed, ils pouvaient même continuer à le financer sans trop de soucis. La véritable raison de cette vente est que les fondateurs de Friendfeed sont essentiellement motivés par la volonté de changer la façon dont le networking social fonctionne, et la raison de l’acquisition de Friendfeed par Facebook est précisément celle ci.

J’ai de gros doutes sur l’aspect philanthropique du rachat de Friendfeed par Facebook. Ce n’est pas parce qu’on a assuré sa retraite à 35 ou 45 ans qu’on a pas encore envie de gagner plus d’argent… Mais sur le fond, RWW a raison : les créateurs de Friendfeed veulent avant-tout changer le web social…

Pour en savoir plus : le compte de Paul Bucheit et celui de Bret Taylor. Les créateurs de Friendfeed sont des bons exemples en matières d’usage :

Friendfeed fonctionne de façon étonnante, et de bien des façons, particulièrement innovante. Le site recèle une multitude d’innovations qui, une fois portées sur le plus grand site de networking social du monde, pourrait bien changer le social sur le web.

Pour les plus curieux d’entre vous, ce podcast est riche d’enseignements sur l’intimité de la technologie de Friendfeed.

Malgré sa qualité sonore médiocre, le podcast de ReadWriteTalk est très intéressant pour mieux comprendre la philosophie de Friendfeed, il dure un peu moins de 30 min et a été enregistré en février 2008.

Privé ou public ?

Le sujet [de la vie privé] est néanmoins délicat, tant certaines formes de socialité qui sont apparues sur Facebook sont intrinsèquement liées à leur nature privée. Les deux modes pourraient donc s’y retrouver cote à cote.

Reste à intégrer ces deux modes de conversations de façon harmonieuse et à éviter les couacs lié à la dimension publique d’une conversation, que bien des Facebookeurs ne maitrisent déjà pas bien malgré le coté – relativement – privé des conversations qui s’y déroulent.

C’est, à mon avis, LE domaine qui va préoccuper Facebook ces prochains mois. Friendfeed est plein d’outils merveilleux pour les utilisateurs du premier réseau social mondial, mais sont-ils prêts à faire le switch privé/public ? Il est probable que les équipes de Zuckerberg intègrent progressivement les fonctionnalités de Friendfeed, tout en laissant la possibilité aux inscrits de laisser leur compte en privé. Le sujet est très délicat, particulièrement en France (mais peut être n’est ce qu’une impression) où le site est vu par certains (généralement des gens qui n’ont jamais lu 1984 et qui ne sont pas inscrits sur Facebook^^) comme un « Big Brother ».

La conversation et l’agrégation

Les conversations qui prennent lieu autour d’éléments partagés sur Friendfeed font passer Facebook pour un ancêtre. Ce n’est pas tant que les utilisateurs de Friendfeed soient plus sophistiqués – bien que la bande de early adopters qui s’y côtoie pourrait le laisser croire – mais c’est surtout dû au fonctionnement de Friendfeed.

Tellement vrai, j’avais fait ici la même comparaison, mais avec Twitter.

Mais derrière le côté simple de ces deux éléments caractéristiques de Friendfeed, se cache une incroyable complexité algorithmique, peaufinée durant des années chez Friendfeed. Facebook a eu beau copier ces derniers temps, les unes après les autres, les fonctionnalités de Friendfeed (comme la fonction ‘like’), c’est cette complexité et cette somme d’expérimentations qui est ce qu’ils viennent d’acquérir en achetant Friendfeed.

Autre défi, et de taille pour Facebook : comment expliquer à deux cent cinquante millions d’utilisateurs, chacun avec son usage et son approche particulière de l’outil, ce qu’est Friendfeed et ce que l’outil peut apporter à la communauté ?

Ce qui initie une conversation sur Friendfeed, ce n’est pas seulement (voire rarement) un message posté par un participant, la plupart du temps, c’est un élément partagé en provenance d’un autre système : Delicious, Slideshare, Twitter, YouTube…

Merci à RWW de préciser ce point : Friendfeed n’est pas un Twitter amélioré,  personnellement je masque la plupart des comptes Twitter des gens dont je suis abonné, ainsi que leur blog. Je vais sur Friendfeed principalement pour découvrir des liens vers du contenu intéressant et original. Friendfeed est  une trieuse doublement efficace, d’une part elle est rapide (bien plus que Twitter), d’autre part, l’aspect social permet de filtrer ce contenu, de réduire le bruit au minimum, afin de n’avoir que ce qui peut m’intéresser.

Des milliers de personnes continuent ainsi d’alimenter Friendfeed sans jamais y mettre les pieds simplement en ayant synchronisé leurs différents comptes sur un compte Friendfeed qu’elles ont ensuite abandonné. Cela permet néanmoins à leurs amis d’avoir un aperçu synthétique de leur activité en ligne sans avoir à les suivre un peu partout sur le web.

Je recommande aussi la fonction « Best-Of » qui permet d’afficher à tout moment, les item le plus discuté et les plus appréciés de ces dernières vingt-quatre heures, cela marche aussi sur la dernière semaine ou le dernier mois.

Conclusion

Au final, si Facebook traverse sans trop de dégâts se phase de mutation vers un système où les informations qui y sont publiées sont publiques, le plus gros réseau social de la planète pourrait trouver dans Friendfeed un véritable élixir de jeunesse, au moment précis où son côté mainstream est décrié par beaucoup.

Intéressante comparaison. La semaine dernière, pour Vincent Glad, Friendfeed était la rustine de Facebook…

Pour en savoir plus : Mes liens sur FriendfeedMes ArticlesMon Friendfeed

 

3 Responses to “« Comment Friendfeed va changer Facebook », commentaire de l’article de Read Write Web”

  1. Fabrice Says:

    Pour l’aspect philanthropique des fondateurs de FF, si, si, j’insiste, au dela d’une certaine fortune (et à compter qu’on ai l’amour, bien sûr) que reste-t-il si ce n’est changer le monde ?
    http://paulbuchheit.blogspot.com/2009/06/collaborative-charity.html

    Sinon, je ne vois pas où tu as vu le moindre revirement ?!

  2. Merci de prendre le temps de commenter mon commentaire :-)

    Sur le revirement, je reprend ici un extrait de ton billet

    « Friendfeed, c’est la même chose. Non seulement c’est une réappropriation de la valeur créée par les producteurs de contenus (les ‘forçat de l’info’ ou les forçats du blog) par les infocapitalistes qui ne produisent rien mais savent trouver la valeur et en tirer profit (en terme d’auto valorisation sociale), mais c’est, en cas de succès de ce système (ce dont je doute), une catastrophe pour l’écosystème des contenus, quelque chose qui le modifiera de façon radicale, au profit des distributeurs.

    On sait tous comment cela se termine : la StarAc. »

    Plutôt critique je trouve, après ton article de ce matin ne porte non plus Friendfeed au nues mais à la fin tu le compare tout de même à un élixir de jeunesse.

    Sur la charité, le billet de blog de Paul B. est mignon tout plein, mais on peu aussi le voir comme tentative de créer une conversation. De plus rien n’empêche d’être riche, généreux, et de vouloir encore plus d’argent… (cf un paquet d’ultra riche américains)

  3. Fabrice Says:

    « Plutôt critique je trouve, après ton article de ce matin ne porte non plus Friendfeed au nues mais à la fin tu le compare tout de même à un élixir de jeunesse. »

    Ben ca te laisse imaginer ce que je pense de Facebook ;-)))

    Sinon, vraiment, Paul Bucheit, après avoir inventé « Don’t be evil », Gmail et surtout AdSense… Franchement, un troisième Jet privé ? Pour quoi faire ? C’est un uber geek, il a suffisament d’argent pour les vingt générations qui vont le suivre, son ambition est ailleurs.


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